Le 21 octobre 2026, Amazon a dévoilé la première bande-annonce de la troisième saison des Anneaux de pouvoir. D'après Numerama, une réplique y retient l'attention : Pharazôn, interprété par Trystan Gravelle, affirme à Gil-galad qu'il est venu « tuer un dieu », désignant explicitement Sauron. Cette phrase, brève mais lourde de sens, offre une lecture claire de la trajectoire narrative que la série s'apprête à suivre : l'adaptation de l'Akallabêth, la chute de l'île royale de Númenor, l'un des épisodes les plus dramatiques de la mythologie de J.R.R. Tolkien.
Une réplique qui scelle le destin de Númenor
Dans l'extrait mis en avant par Numerama, l'échange entre Pharazôn et le Haut Roi des Noldor condense en quelques mots le conflit central à venir. Pharazôn, dernier roi de Númenor dans la tradition tolkienienne, y apparaît non plus en homme politique calculateur mais en conquérant persuadé de sa propre supériorité. En parlant de « dieu » à propos de Sauron, la série reconnaît implicitement le statut de Maia de l'ennemi, tout en montrant l'aveuglement du roi numénorien.
Cette formulation n'est pas anodine : elle annonce que la saison 3 ne se contentera pas de montrer la corruption de Númenor par Sauron, mais mènera jusqu'à l'assaut final contre Valinor, l'acte d'orgueil qui provoquera l'engloutissement de l'île par Eru Ilúvatar. Le site spécialisé souligne que cette « petite phrase donne une piste sur la manière dont la saison devrait se finir, au regard des évènements qu'il reste encore à raconter ».
Ar-Pharazôn, le roi qui a défié les Valar
Le personnage d'Ar-Pharazôn, tel que le dépeint le Silmarillion, est celui d'un usurpateur qui s'empare du trône en épousant de force sa cousine Míriel, avant de mener une immense flotte vers la Terre du Milieu pour défier Sauron lui-même. La série a pris des libertés avec cette chronologie : Pharazôn y est déjà une figure de proue du parti du Roi, opposé aux Fidèles, et sa montée en puissance s'étale sur les deux premières saisons.
La bande-annonce suggère que la saison 3 le montrera au sommet de sa gloire, persuadé d'avoir soumis le Seigneur des Ténèbres. Or, dans l'œuvre originale, c'est précisément cette victoire apparente qui scelle sa perte : Sauron se laisse capturer volontairement, devient conseiller du roi, et corrompt la cour de Númenor en y introduisant le culte de Melkor. La déclaration de Pharazôn face à Gil-galad, rapportée par Numerama, marque donc le basculement : le roi croit tenir sa proie, alors qu'il vient d'entrer dans le piège tendu par le Maia.
Sauron prisonnier et manipulateur
La dynamique entre le roi numénorien et le Seigneur des Anneaux est au cœur de la tragédie à venir. Dans les appendices du Seigneur des Anneaux, Tolkien raconte que Sauron, voyant la puissance militaire de Númenor, se rend sans combat et est emmené comme otage à Armenelos. Là, par sa ruse et son don pour la séduction, il gagne la confiance de Pharazôn, devient son premier ministre et persuade le roi que les Valar lui mentent sur la mortalité des Hommes.
La série a déjà posé les jalons de cette manipulation : la saison 2 s'achevait sur l'arrivée de Sauron à Eregion sous les traits d'Annatar, et sur les premiers troubles à Númenor. La réplique du trailer, analysée par Numerama, indique que la confrontation directe entre les deux personnages aura bien lieu, et que Pharazôn croit pouvoir « anéantir » Sauron par la force des armes ou par l'autorité royale. C'est une erreur fatale : on ne tue pas un Maia par l'épée, et la tentative de le faire ne fera qu'accélérer la catastrophe.
L'Akallabêth au cœur de la saison 3
Le terme « Akallabêth » signifie « la Chute » en adûnaïque, la langue des Numénoriens. Ce récit, publié dans le Silmarillion, décrit comment la jalousie des Hommes face à l'immortalité des Elfes et des Valar, attisée par Sauron, pousse Pharazôn à briser l'Interdit des Valar en dirigeant sa flotte vers les Terres Immortelles. La série doit maintenant condenser cette épopée en une saison de huit épisodes. La chute de Númenor s'annonce comme un événement sismique pour la série.
La bande-annonce, en faisant prononcer à Pharazôn cette menace de tuer un dieu, signale que l'orgueil démesuré du roi sera le moteur dramatique principal. Reste à voir comment la série gérera les personnages secondaires — Elendil, Isildur, Míriel — dont les destins s'entrelacent avec la catastrophe. Numerama note que la phrase « donne une piste sur la manière dont la saison devrait se finir », ce qui laisse supposer que le final pourrait montrer l'engloutissement de l'île, ou du moins l'assaut final sur Valinor.
Une adaptation sous haute surveillance
Depuis son lancement en 2022, Les Anneaux de pouvoir fait l'objet d'un examen minutieux de la part des lecteurs de Tolkien. La saison 2, diffusée en 2024, a été saluée pour sa mise en scène mais critiquée pour ses libertés narratives, notamment sur la chronologie de la forge des anneaux. La saison 3 aborde un matériel source encore plus dense et tragique.
La réplique de Pharazôn, relevée par Numerama, montre que les scénaristes ont conscience du poids symbolique de ce moment : c'est l'instant où la liberté des Hommes bascule dans la rébellion contre le Créateur. Amazon n'a pas encore communiqué de date de diffusion précise pour cette troisième saison, mais le calendrier habituel laisse présager une mise en ligne fin 2027 ou début 2028. D'ici là, les fans disséqueront chaque image du trailer pour mesurer la fidélité — ou l'invention — de cette adaptation du Second Âge.
La phrase de Pharazôn résonne comme le glas de Númenor. En voulant « anéantir un dieu », le roi scelle le sort de son peuple et offre à la série son moment le plus spectaculaire depuis le début. Reste à savoir si l'écriture saura rendre justice à la tragédie shakespearienne imaginée par Tolkien, sans la noyer sous les effets visuels. La réponse viendra avec la diffusion de la saison, dont le calendrier reste à confirmer par Amazon Studios.